Tout a commencé avec 200 euros
AYADA n’est pas née d’un grand business plan, ni même de l’ambition de créer une marque de vêtements.
L’histoire commence en mars 2022, alors que j’étais encore étudiante.
À cette époque, je souhaitais simplement compléter ma propre garde-robe de jilbabs. Mais avec un budget d’étudiante, dépenser 50, 60 ou parfois 70 euros pour un seul jilbab représentait une somme importante.
Le choix était également beaucoup plus limité qu’aujourd’hui. On retrouvait principalement certains tissus comme la soie de Médine ou le jazz. Personnellement, je recherchais quelque chose avec un tombé plus habillé et élégant, et je me tournais donc essentiellement vers la soie de Médine.
J’ai alors commencé à chercher directement auprès de fournisseurs pour acheter mes propres jilbabs.
Seulement, auprès d’un fournisseur, impossible d’en acheter un seul : il fallait commander plusieurs pièces.
J’ai donc utilisé environ 200 euros de mes économies d’étudiante pour passer une première commande. J’ai gardé les jilbabs que je souhaitais pour moi et mis les autres en vente sur Vinted.
Ils se sont vendus.
Alors j’ai recommencé.
Puis encore une fois.
Au fil des commandes, ma propre collection de jilbabs s’est remplie… mais quelque chose d’autre était également en train de naître.
De quelques ventes sur Vinted à l’idée d’une véritable activité
Petit à petit, certaines personnes ayant acheté mes jilbabs ont commencé à revenir vers moi.
« Quand est-ce que tu vas en recevoir de nouveau ? »
Ces demandes ont changé ma manière de voir ce que j’étais en train de faire.
Jusqu’ici, je revendais principalement les pièces supplémentaires que j’étais obligée de commander pour pouvoir acheter auprès de mes fournisseurs. Mais si des clientes revenaient spontanément pour savoir quand seraient disponibles les prochains jilbabs, c’est qu’il y avait peut-être quelque chose à construire.
J’ai donc continué.
Les premiers 200 euros ont permis de financer les commandes suivantes. Puis les ventes ont financé de nouvelles commandes, qui ont elles-mêmes permis d’élargir progressivement l’offre.
Lorsque l’activité a commencé à prendre davantage d’ampleur, mon mari m’a prêté 2 000 euros. Ce financement m’a permis de passer à une étape supérieure et de proposer davantage de références : des robes, des khimars et d’autres pièces sont progressivement venues compléter les jilbabs.
À l’exception de ce coup de pouce, AYADA s’est ensuite développée grâce à ce qu’elle générait elle-même : chaque étape a financé la suivante.
Et ce qui avait commencé avec quelques jilbabs vendus sur Vinted commençait doucement à ressembler à une marque.
AYADA, simplement
Il n’y a pas de grande histoire cachée derrière le nom Ayada.
J’aimais le nom, alors je l’ai choisi.
Et finalement, ce nom choisi très simplement en 2022 allait accompagner une aventure qui deviendrait beaucoup plus grande que ce que j’avais imaginé au départ.
L’objectif initial était lui aussi assez simple : faciliter l’accès des sœurs aux vêtements que je recherchais moi-même, tout en développant une activité qui pourrait, à terme, contribuer à financer un projet de hijra qui me tenait à cœur.
Avec les années, cet objectif a évolué en même temps que la marque.
De l’achat-revente à la création de nos propres pièces
Pendant les premières années, AYADA fonctionnait essentiellement sur le principe de l’achat-revente.
Je sélectionnais des pièces existantes auprès de fournisseurs pour les proposer ensuite à mes clientes.
Mais plus AYADA grandissait, plus cette façon de travailler devenait limitée.
Avec le temps, mes attentes avaient également évolué. Les jilbabs que j’achetais auparavant ne correspondaient plus forcément à ce que je recherchais en matière de praticité, de confort ou de coupe.
Je ne voulais plus simplement chercher parmi ce qui existait.
Je voulais pouvoir créer la pièce que j’avais en tête.
Vers la fin de l’année 2023, AYADA a donc commencé à prendre une nouvelle direction : passer progressivement de la sélection de vêtements à la création de nos propres modèles.
Les premiers prototypes ont commencé à voir le jour.
Parmi eux, une parka développée au Maroc.
Puis est arrivée l’une des premières véritables créations emblématiques de cette nouvelle étape : le Khimar Butterfly.
Pour la première fois, il ne s’agissait plus simplement de choisir une pièce chez un fournisseur. Nous pouvions réfléchir à sa coupe, son tissu, son confort, ses détails et l’adapter à ce que nous voulions réellement proposer.
Des ateliers et des rencontres qui ont fait grandir AYADA
Créer ses propres vêtements signifiait aussi apprendre un tout nouveau métier.
Au fil du développement de la marque, j’ai commencé à travailler avec différents ateliers et fabricants.
Égypte, Maroc, Émirats arabes unis, Pakistan…
Chaque collaboration a permis de découvrir de nouvelles façons de travailler, de nouvelles matières et de nouvelles possibilités de confection.
Petit à petit, AYADA s’est constitué son propre réseau et surtout une expérience qui nous permet aujourd’hui d’être beaucoup plus exigeants dans le développement d’une pièce.
Parce qu’avec le temps, notre manière de « faciliter » a elle aussi changé.
Au commencement, il s’agissait surtout de rendre certains vêtements plus accessibles financièrement.
Aujourd’hui, alors que nous développons nos propres produits et que nos exigences de fabrication ont augmenté, cette notion passe davantage par la coupe, le confort, la qualité, la praticité ainsi que la durabilité.
La pudeur sans renoncer à l’élégance
Le slogan d’Ayada, « De la pudeur à l’élégance », est né d’une idée soufflée par mon mari.
Je l’ai immédiatement gardée parce qu’elle résumait parfaitement ce que je voulais construire.
Pour nous, pudeur et élégance ne s’opposent pas.
Une femme peut rechercher un vêtement ample et couvrant tout en appréciant une belle matière, un beau tombé et une pièce soigneusement travaillée.
C’est aujourd’hui ce qui guide le développement de nos collections.
Lorsque nous créons une pièce chez AYADA, certains critères ne sont pas négociables : l’opacité, l’ampleur, le confort, la qualité de la matière, les finitions et la durabilité.
Un vêtement peut être beau sur une photo. Mais s’il est transparent, inconfortable ou mal pensé une fois porté, il ne correspond tout simplement pas à ce que nous voulons proposer chez AYADA.
C’est également pour cette raison que nous accordons autant d’importance au choix des tissus et à leur utilisation selon chaque vêtement.
Découvrir nos conseils sur les matières et l’entretien des vêtements
D’une petite activité étudiante à AYADA aujourd’hui
Il est parfois difficile de réaliser le chemin parcouru.
Je sais combien de commandes partent. Je vois les cartons, les collections qui arrivent et les stocks qui repartent. Pourtant, il m’arrive encore de ne pas réellement prendre conscience du nombre de femmes qui portent aujourd’hui des vêtements AYADA.
La croissance a parfois été plus rapide que notre capacité à suivre.
Et cette évolution n’a pas été parfaite.
Il y a eu des ruptures de stock, des réassorts qui ont pris trop de temps et certainement des clientes que nous avons perdues en chemin parce que nous n’avons pas toujours réussi à répondre suffisamment vite à la demande.
Construire AYADA, c’est aussi apprendre de ces difficultés et essayer de faire mieux à chaque étape.
Mais lorsque je repense aux 200 euros d’économies d’une étudiante en 2022, aux premiers jilbabs déposés sur Vinted et aux premiers messages demandant quand il y aurait du nouveau, le contraste avec AYADA aujourd’hui reste difficile à réaliser.
Al hamdoulillah.
Et l’histoire ne fait que continuer
AYADA continue aujourd’hui d’évoluer.
De nouveaux modèles sont imaginés, de nouvelles matières sont testées et de nouvelles collaborations se construisent avec toujours la même volonté : proposer des vêtements pudiques, confortables, élégants et pensés pour être réellement portés au quotidien.
Et peut-être qu’un jour, cette histoire commencée en ligne continuera également dans un lieu physique où nous pourrons accueillir nos clientes.
Ce projet demande encore beaucoup de réflexion et de logistique. Rien n’est donc écrit.
Et finalement, c’est probablement ce qui ressemble le plus à l’histoire d'AYADA depuis ses débuts.
Nous n’avions pas prévu tout ce chemin en mars 2022.
Nous avons simplement avancé, étape après étape.
Et l’histoire continue de s’écrire. Grace à Allah et grâce à votre soutien permanent, qu'Allah vous préserve et vous récompense de me donner la force de continuer.
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